BAIGNOIRE

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mercredi, juin 16 2010

Tétris

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Mon atlas serait comme un jeu de tétris, une accumulation d'images, les miennes, celles d'autres, qui s'emboîtent les unes dans les autres , qui prennent parfois des formes significatives, ou pas. Je suis aux commandes du jeu mais je ne maîtrise pas les images qui me tombent dessus. Je dois composer.

First Spring, de Yang FUDONG

First Spring: la publicité Prada porte un titre et affiche clairement son réalisateur. Nous voilà au cinéma. D'ailleurs, la première scène, prise de cours, reprend un grand cliché cinématographique: deux jeunes garçons effrayés par on-ne-sait-quoi, le regard craintif, reculant devant la "bête". Nous n'en saurons pas plus à ce sujet puisque nous passons immédiatement à tout autre chose, la scène suivante nous montre une femme chinoise, en tenue traditionnelle, qui déambule dans une sorte de galerie où sont exposées des sculptures. Pas de dialogues, uniquement de la musique - du violon - et un arrière bruit de vent ralenti. L'image est en noir et blanc, ce qui nous projette dans un espace hors du temps, l'espace de Prada peut-être. Temps indéfinissable, espace non identifiable: on reconnaît les rues d'une ville de type occidental, pourtant des drapeaux arborant des idiogrammes chinois sont dispérsés dans la ville. La rencontre entre Orient et Occident est un point crucial dans ce film, il y a un jeu d'équilibre entre les deux continent qui se met en place à travers les personnages, leurs costumes, les décors, la musique... ce qui me frappent dans ce film c'est cette recherche d'équilibre perpétuelle entre les cultures, les couleurs noir et blanc, l'homme et la femme. Tous semblent être sur un fil, sur un câble. Il y a une latence, une lenteur des mouvements due aux travellings et aux ralentis qui fait sentir au spectateur que l'on entre dans une bulle, dans un lieu - ou non lieu- d'osmose, un terrain d'accalmie en opposition à la toute première scène dont nous avons parlé au début. A travers cet espace un peu onirique, hors du temps, hors des codes cinématographiques évidents, Fudong cherche peut-être à parler de l'espace de rencontre entre cinéma et publicité, ou cinéma et mode. Il semble poser la question suivante: quel espace cinématographique peut engendrer la mode? comment filmer, raconter le vêtement, le style, l'allure...? La mode a des codes qui lui sont propres. Comment les interpréter en cinéma? Je me dis par exemple que le fait de ne pas mettre de dialogue nous renvoie directement à l'idée des mannequins muets posant ou défilant sur les podiums. Dans le film de Fudong, il y a sans cesse des mouvements de personnes qui déambulent dans les rues comme les mannequins marchent sur les podiums. La marche est un code de la mode qu'à voulu conserver Fudong. aussi, il est interressant de voir comment Fudong manipule la caméra face à des corps, des modèles très peu expressifs et assez figés, tels qu'on leur demande d'être dans le monde de la mode. Les travellings nous les présentent comme des poupées en vitrine. il y a donc l'utilisation d'un procédé purement cinématographique, mais pour une fin plus proche de la mode que du cinéma - je pense en particulier à la scène où l'homme et la femme vus en arrière plan derrière une vitre regardent les femmes à l'interieur de la pièce. Je vois un passage affirmé de l'horizontalité à la verticalité. Les mannequins défilent sur des podiums horizontaux, de façon très mécanique, comme les petits soldats courant derrière le tramway dans le film. Ici, on voit bien que les personnages passent de l'horizontalité de la rue à la verticalité des poteaux et des fils electriques, ou plus largement du ciel. L'elèvement libère les corps, les allègent. D'ailleurs, les chapeaux sont troués ainsi que les parapluies, ce qui contraste avec l'apparente lourdeur des valises.

mardi, juin 8 2010

biography in progress

My first born was in Bayonne, in 1990, the 9th. I arrived in a little family made of my



father Jean, my mother Florence and my brother Bastien. In those days we used to

live in a sweet house called " La Sauvageonne ". I like this name. I went to school 

near the house, I practiced bask dance with two friends of mine. Later I started to




horseride in a pony club. When I was five or six we moved in a new house that my




parents bought together. Then my brother and I arrived in a new primary school. I

met a lot of friends. I was not so bad at school so my teachers decided to make me

skip a class. I used to draw a lot, especially horses.

In 1999 my family and i travelled in Madagascar during three weeks. It was my first

big travel. Discovering a new culture, new lands, new people. I remember a 

taximan called Max who made us discover his beautiful country.

At the college, I met new people again, new friends. I had my first love stories with

boys. I was very sentimental!

In high school I practiced art. I really discovered contemporary art and art history

thanks to my teacher Mrs Sine. High school was also the time of outputs with

friends. We used to make parties in Bayonne's bars. The favorite was the Katie

Daily's, an Irish Pub in front of Bayonne's town hall.

I pass my exam, the baccalauréat and then I went to Bordeaux to study litterature

during one year. I lived with two other girls in a pretty house with a little garden. In

this school I had very interesting teachers but the studies were very difficult. I also

studied art in this school.

So after one year in Bordeaux, I decided to leave the town and to find an art school.

I pass the exam for the art preparatory class of Bayonne. The jury told me about the

Art School of Biarritz and then I also pass an exam in order to enter the ESA des

Rocailles. During the first year, I used to live at my parents' who got divorced few

years before. In the second year, I get my own flat in Biarritz. What a release! I lived

near the water. Few years before, I started to surf with a friend of mine. New

passion!

jeudi, juin 3 2010

Machine désirante - Hand catching wind, desire and herself "

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J'attrape. J'attrape pas. J'attrape. J'attrape pas. Le bras mécanique est tendu. C'est la machine désirante. Elle commence par un manche, sur lequel il y a un bouton rouge. Ce manche est relié par un fil rouge à une main. C'est celle de Richard SERRA. Quand on appuie sur le bouton, la main se serre, le poing se ferme, comme pour attraper quelque chose. Non: pas "comme". La main se serre pour attraper quelque chose. Mais quoi? Est-ce quelque chose qu'elle désire? Sait-elle au moins ce qu'elle désire? Sait-elle ce qui va tomber entre ses doigts? Qui appuie sur le bouton rouge? Ici, la main attrape du vent, le désir est du vent. Elle s'attrape elle-même, les doigts se referment sur la main. Le vent, l'air ne se voient pas, on ne sait jamais si la main a attrapé quelque chose ou non. On ne sait jamais si notre désir est assouvi ou non.

dimanche, mai 30 2010

Comme Brigitte, Soutenez-Nous



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Pour continuer dans la lancée des brochettes d'ours polaire installées sur le vélo de Philippe Jacq, j'ai imaginé une pancarte pseudo-associative, voulant lutter pour la protection des ours polaires. Cependant, les ours qu'elle propose de sauver sont tout juste "prêt-à-adopter", sous forme de petits carrés de fourrure d'ours cousus à la main. Peu emcombrants, doux affectueux et innofensifs, ces "Square Bears" feront le bonheur de tous.

vendredi, mai 28 2010

Expérience et pauvreté

Non, je n'irai plus jamais. C'est fini. Le train a déraillé. Tout a explosé. Une grosse bombe. Dans ma gueule. Je n'ai plus de gueule, celle que tu vois c'est du vent, tu souffles un peu et plus rien. Dedans non plus d'ailleurs, plus rien. Surtout dedans.

C'est fini le temps où les vieux racontaient aux jeunes. Moi je suis devenu muet. Et vous jeunes fous! jeunes sourds! jeunes orphelins!

Orphelins et parents adoptifs en même temps. Parents adoptifs du monde dans lequel vous êtes nés. Un monde vide qui n'avait plus d'odeur, de couleur, plus de bruit. Calme plat. Table rase. C'est vos crânes qu'on aurait dû raser, comme ceux des bébés chialant dans leurs landaus salis. Criez! Pleurez! Débattez-vous! Eradiquez! Vivez de pure pauvreté, l'expérience n'est plus de mise. Tous les murs de béton opaque sur lesquels étaient gravées nos vies, nos mémoires, se sont écroulés un à un. Plus de processions inutiles où les anciens feignent de raconter l'inracontable, et où les nouveaux feignent d'écouter l'inécoutable. Plus de murs contre lesquels vous jeter à corps et âmes perdus croyant y trouver la vérité. Vivez de transparence. Voyez ce que vous voyez, de vos yeux nus. Le monde que vous bâtissez ne nous appartient pas, nous sommes comme des pierres, froids, durs, opaques. Vous êtes faits de verre, lisses et transparents, rien n'a de prise sur vous et vous n'imposez rien. Les choses glissent comme de l'eau. sans doute une forme de protection pour ne pas se laisser envahir par le poids des expériences et des faux idéaux. Les notres ne sont plus les votres. D'ailleurs avez-vous encore un semblant d'idéal? Peut-être pas. Du moins vos idéaux n'ont plus rien à voir avec vous, ils n'ont plus rien d'humain et ainsi vous avez que vous ne les atteindrez jamais. Et ainsi vous continuez à y croire, toujours. Vous ne serez jamais Mickey, cette espèce de grosse souris qui sourit sans arrêt, qui garde les yeux écarquillés jours et nuits. Elle ne ressent plus rien, elle est seulement la façade d'un bonheur déjà mort. Mickey ne parle pas, il ne reste rien de lui dans nos esprits que son visage tout sourire. Mais pas d'action, rien qui ne se fasse remarquer plus que ça. Un être sans histoire, pourtant icône dans vos petites têtes. Vous ne fabriquez plus que des Mickeys, des grosses souris qui sourient sur vos écrans de télé toujours allumés. Des gens sans passé - et c'est véritablement ce qu'on leur demande, de ne pas avoir d'histoire, d'être nouveaux nés, avortés par la télé - vont devenir vos idoles, vos révolutionnaires sans même qu'il n'y ai de révolution. Révolutionnaires d'un soir, d'un prime, d'un show. Et puis dégage! Et puis tu auras cru t'exprimer, et tu n'auras rien appris au monde sale souris, et puis on t'as déjà oublié.

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mercredi, mai 26 2010

Landes-Dalva

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mercredi, mai 5 2010

Ours Factory

Ce sont des brochettes d'Ours Blancs qui orneront la Bike's Gallery.
Il m'a fallu les pêcher, les dépeucer, et coudre des petits carrés de fourrure.

mardi, mai 4 2010

L'image-mouvement

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Je ne suis pas cinéaste, Deleuze non plus. Pour commencer à parler sérieusement de cinéma, je voulais quelqu'un qui ne soit pas dedans, quelqu'un qui me montre du bout de ses ongles - longs, très longs ongles- la grosse machine.

vendredi, avril 16 2010

21/02/10 - Gastonne T.

jeudi, avril 15 2010

Les petits oiseaux

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mardi, mars 16 2010

Gastonne T.

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Go on myspace!

lundi, mars 15 2010

LDT

LE MEPRIS - ICARO - BLISSFULLY YOURS

Le Mépris, GODARD

Ma MEMOIRE du film: dialogue entre Paul et Camille.

Travelling horizontal, plan-séquence tout au long du dialogue.

La lampe = axe de symétrie. Orange sur fond de mur blanc. Les personnages ne se regardent pas dans les yeux. Dos à dos?

La caméra ne suit pas forcément le personnage qui parle, elle est en décalé.

M'inspirer de la mise en scène de ce dialogue pour le dialogue entre Icaro et Dalva. Les personnages ne se regardent pas, ils regardent dans le vide. Dalva a un regard vague, un peu désespéré; Icaro a un regard vif, plongé dans un haut-delà, passionné et effrayant à la fois. La caméra fait un travelling horizontal, en plan rapproché épaule, elle va et vient d'un personnage à l'autre, dans un mouvement lent.

Importance du fond uni, vide, un aplat, pour que la lampe se détache du fond.

Le FILM: la lampe est blanche, il y a des fenêtres en arrière-plan. Les personnages sont face à face, ils se regardent parfois dans les yeux, malgré la lampe qui barre le chemin. Le mouvement de la caméra est irrégulier.

Grandes fenêtres à travers lesquelles on peut voir la nature, les arbres, la mer, les montagnes rocailleuses. Aplats de nature. Rappel de la planéité de l'écran de cinéma.

Dans Icaro: plans sur la mer + grande fenêtre dans véranda chez John. Ces plans permettent d'occuper les personnages pendant le  dialogue, de les faire s'évader, porter leur parole au-delà de la personne à qui ils s'adressent.

La fenêtre est un cadre conceptuel pour le dialogue, il le transforme en Idée, dans le sens platonicien du terme. Frontalité de la parole du fait qu'elle est encadrée dans une fenêtre, mais à la fois parole qui s'extrapole grâce au paysage.

Blissfully yours, APICHATPONG WEERASETHAKUL

Ma MEMOIRE du film: scène dans la voiture.

La caméra est placée sur la plage arrière de la voiture, les personnages sont de dos.

Peu de dialogue. Suggestions, allusions sexuelles grâce au levier de vitesse que la jeune fille tripote en conduisant.

Profusion de la nature à travers le pare-brise.

Dans Icaro: Dalva et Icaro sont dans la voiture de Dalva, ils ne se parlent pas. L'absence de dialogue met l'accent sur la contemplation du paysage. On ne dit rien mais la pensée est très active. L'absence de parole durant le trajet va instaurer une frustration, une envie de savoir, de poser des questions à Icaro, qui seront assouvis par un dialogue très frontal, brut, en plan-séquence.

Cette fois c'est l'intrusion soudaine et inattendue d'un générique (début ou fin?) au 1/4 du film, avec écritures, musique, qui nous rappelle qu'il s'agit de cinéma, d'image plane, de lumière, de temps.

Les propos d'Icaro sont en portugais = sous titres français = planéité de l'image cinéma.


lundi, février 15 2010

A propos d'identité ( plutôt pour Delphine )

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A propos d'identité ( plutôt pour Pascale )

Le phénomène des miroirs

   Je suis à la lisière du Jardin Publique. Face à moi, de l'autre côté de la rue, dans un salon de coiffure, je vois dressés, deux grands rectangles verticaux à l'intérieur desquels pousse une forêt tropicale. Je m'approche. Ces deux rectangles ne sont, en fait, que des miroirs dans lesquels viennent se refléter les arbres du Jardin qui se trouvent derrière moi. Impossible, je n'arrive pas à voir cela. J'y vois une forêt dense, comme celle d'Amazonie, une jungle, où les mamies et leurs toutous ne s'aventurent pas. Ces deux rectangles sans bords et sans fond sont des portes, des seuils d'entrée dans une forêt imaginaire dont je construit la suite dans mon esprit. 

   Le reflet permet une sorte de délocalisation des arbres du Jardin qui prennent alors une toute autre dimension. Contrairement à ce que l'on croit, les miroirs offrent une possibilité d'être autre: du reflet naît tout un fantasme de l'objet reflété, une recréation, Platon parle même d'illusion, de croyance. La croyance est une création de l'esprit . Je crois voir une forêt tropicale dans ces miroirs, je crée une forêt mentale qui n'a plus rien à voir avec la réalité matérielle des choses. C'est une forêt qui acquiert sa propre identité, je dirai même qui offre une identité aux arbres du Jardin. Je n'ai jamais vraiment regardé les arbres qui ornent ce Jardin, ils ne sont que des arbres implantés au milieu d'une ville pour la décorer, des arbres à qui on a plus ou moins enlevé leur âme. Ils se fondent dans la masse des voitures, des immeubles, des jeux pour enfants. Les arbres que je vois dans les miroirs, eux, se démarquent du paysage grâce à l'espace délimité, limité, dans lequel ils s'inscrivent. - Je les vois comme l'intrusion, dans le réel, d'une représentation mentale de la forêt -. Cette limitation de l'espace crée une frustration, qui elle-même engendre aussitôt l'imagination, la création. Je ne m'arrête pas à l'image que je vois, j'entre dans l'image et élargit son champs. Le miroir prend de la profondeur en même temps que la forêt se matérialise dans mon esprit. C'est ainsi que naît l'identité des arbres reflétés, elle se crée dans leur reflet qui, n'étant qu'une illusion, permet la création.  

La vieille dame

   Je me rend compte que j'ai utilisé exactement ce même procédé dans ma vidéo. Lorsque la vieille dame apparaît à l'écran, elle devient une image, un reflet délimité par le cadre de la caméra. Elle est extraite de la réalité pour devenir un personnage autonome, à part entière, que je vais créer peu à peu. La création est d'autant plus importante que je ne dispose que d'un seul et unique plan de cette femme. C'est là que tout se joue.Son refus de s'exposer à moi dans une rencontre ultérieure me laisse face à une image, une illusion, un mirage presque. J'en sais le moins, je dois donc imaginer le plus. Le plan unique, le cadre de la caméra sont les miroirs, ils deviennent moteur de l'imagination, de l'extrapolation, ils sont les bornes à dépasser. La vieille dame se reflète elle aussi dans un des miroirs, son reflet devient comparable à cette forêt d'arbres millénaires, aussi vaste et complexe. Elle est une forêt tropicale à explorer. Je vais donc filmer le hors-champs qu'il me manque. Je crois que filmer revient uniquement à créer du hors-champs.

   Grâce au vidéo-projecteur, j'ai pu projeter le plan de cette dame au mur, et ainsi re-filmer la scène en m'attardant cette fois sur d'autres détails physiques ( les yeux, le cou, la bouche ), pour m'approprier le personnage. A partir de là j'ai imaginé tout ce que cette dame n'a pas voulu me dire. J'ai crée le hors-champs de ce plan, l'identité de cette femme. J'en reviens aux miroirs, aux cadres: l'identité d'une personne se trouve dans ces cadres, dans ces délimitations. Le reflet lui-même est l'identité de la personne, du moins le commencement, le socle. Je veux dire par-là que l'on a besoin de mettre une personne dans ce cadre, de voir son reflet - mentalement - pour pouvoir l'identifier.  Car comme on l'a dit plus tôt, le reflet est une image. Or l'identité, selon moi, est une image, une représentation, une croyance. On se représente une personne selon des traits physiques ou moraux, des sortes d'attributs, comme on représente une icône. L'identité est une image en action qui peut évoluer mais qui reste une illusion, une représentation. L'exemple du miroir me semble bien traduire ce que je tente d'exprimer au sujet de l'identité puisqu'il est une image dans le présent, une image en mouvement, qui peut évoluer mais reste détaché de la réalité. Je dirai que nous avons chacun un miroir dans la tête, dans lequel se reflètent le monde, les individus. et c'est de ce reflet, de cette image dont nous tenons compte pour identifier le monde. Mais ça reste une image, ce n'est pas le monde lui-même, son essence. Aussi lorsque nous nous regardons nous-même dans un miroir, nous voyons notre image, plaisante ou déplaisante et on s'identifie à celle-çi, on en fait notre identité. On peut modifier cette image, faire que l'on ressemble - ou que l'on croit ressembler - plutôt à ceci ou cela, se donner l'air de ceci ou cela. Et l'on croit à cette image. Notre reflet dans le miroir devient une source d'identification. Il élève - ou rabaisse selon Platon - notre esprit à une croyance en une certaine identité, qui nous détache de la réalité matérielle à laquelle on a peut accès finalement. Ainsi les miroirs rectangulaires de ce salon de coiffure, ou encore le cadre de ma caméra, se trouvent être la représentation extérieure, matérielle, du miroir intérieur dont je parlais à l'instant. J'inscris sur l'écran le monde que je crée autour de cette dame. J'additionne des plans qui à leur tour vont créer des hors-champs qui créeront d'autres hors-champs et ainsi de suite.

   Il m'a semblé intéressant d'intégrer dans ma vidéo des plans de cinéastes comme Von Der Koeken ou Mekas, qui d'une part m'ont inspiré, et d'autre part dialoguent avec ce que j'ai filmé moi-même mais surtout avec le hors-champs de mes plans. C'est un peu le principe d'imagination dont nous a parlé Didi-Hubermann: faire des connections entre les choses, ici entre différents plans, de différentes provenance.

Par exemple le plan des deux garçons dans la rivière renvoit à cette forêt tropicale imaginaire qui prend forme dans les miroirs. Les mains qui jardinent font écho au visage de la vieille dame dont le rouge à lèvre se reflète dans les ongles vernis. 

   Je n'ai pas gardé le son de ma vidéo. Au moment où je filme la femme, il y avait trop de bruit autour de moi pour pouvoir entendre clairement ses paroles. Et puis ses paroles ne m'intéressent pas vraiment. je considère qu'un reflet n'a pas de parole qui lui soit propre. Les lèvres reflétées bougent mais disent autre chose que la personne qui parle. C'est pour cela que je me demande ce qu'elle raconte à sa coiffeuse. je me demande ce qu'elle raconte mais je ne veux pas vraiment le savoir. C'est un prétexte pour imaginer son discours, créer son langage et ainsi la garder mystérieuse. Je veux faire d'elle mon personnage. Je dispose de son image. Entendre sa voix serait la ramener à un réalité matérielle que je ne veux plus à présent. Si elle n'a rien voulu me dire, je ne la laisserai rien dire non plus. je ne parle pas non plus, du moins l'on ne m'entend pas. Cette vidéo est sans parole car elle est le reflet de mon imagination.

   Je terminerai en parlant d'un tableau peint par Manet en 1882, Un bar aux Folies-Bergères, dans lequel on voit une serveuse de bar derrière son comptoir, qui nous fait face, et dont le dos se reflète dans un grand miroir situé derrière elle. ce reflet est une mise en abîme, une représentation dans la représentation - même procédé que celui de filmer un miroir -, une identité peinte, une sur-identité reflétée. Là où je trouve que ce tableau et ma vidéo ont un lien, c'est dans le fait que le personnage nous échappe: le reflet de la serveuse nous tourne le dos, garde un mystère, et la vieille dame, elle, reste mystérieuse du fait d'avoir refusé de se faire filmer à nouveau. C'est une façon de nous dire " Je ne vous donnerai pas mon identité, c'est à vous de la chercher, de la construire "; et c'est ici, pour moi, que se joue toute la question de l'identité, c'est une vanité à construire, déconstruire et re-construire sans cesse.

mercredi, février 10 2010

About FIPA

That year, my FIPA experience was focussed on the "jeune création", first because I saw movies through my young creator's eyes, and also because I saw Belgian and Australian Schools' short films. I was really interested in Belgian movies because of the fact that they filmed with digital cameras, as we are used to doing in our school. It is very important for me to see what we can do with this new media, what specific possibilities it give to us. I felt Belgian students and us shared the same questions, interrogations, about the way of filming with a digital camera: what can we shoot? How can we shoot? Because with digital cameras, a lot of possibilities are included, that's to say taking as many takes as we want, to bring the camera in one hand, to move more easily than a argentic camera... some of the students went to see our exhibition, and I suppose they were also interested by the way we worked with camcorders. Furthermore, I saw an other movie made by a Franco-Israelian girl - not more than thirty years old -,Naruna KAPLAN DE MACEDO, called Depuis Tel Aviv, dealing with the question of identity, of Jewish and Israelian etc... It was a sort of note book about her first trip in Israel, her roots land. She showed the streets, the people living, having parties...It was filmed with a little camcorder too, day after day. After watching this very good movie, I realized that numeric was really my generation's opportunity to express herself and to show the world. Numeric camera is becoming a real popular object. May be THE popular object. You don't have to be so initiated to use a digital camera, if you have to say something, film it! Of course, I don't mean that everybody can make good movies just because they have a didital camera, but I think it aims at oppening creativity and possibilities. I think the FIPA is a very good illustration of the possibilities that digital camera offers: on one hand there is all the shit that it able to do because of the easy system and the low cost of such cameras, on the other hand, we can see some very good movies, documentaries, full of good ideas, that could never have been made without a digital system.

mercredi, janvier 20 2010

Court métrage sur Sylvie

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Sylvie est ma tante, la soeur de ma mère. Cette année, elle m'a accueilli chez elle pour les fêtes de Noël. Elle habite un petit "deux pièces" dans un immeuble du 14ème arrondissement à Paris. Les murs de chez elle sont remplis de photographies, de dessins, de cartes postales. Je me demande comment ils ne s'écroulent pas sous le poids des souvenirs. Je me suis confectionné un lit sur la petite banquette pleine de coussins située à côté de l'étagère. Le soir, avant de m'endormir, je peux lire quelques uns de ses nombreux livres. On ne regarde pas beaucoup la télévision, si ce n'est Mister Bean de temps en temps, ou une émission de danse sur Arte. Mais on écoute la radio, beaucoup. Presque tout le temps. Elle est un fond sonore, une voix que l'on écoute avec plus ou moins d'attention, à laquelle on n'est même pas obligé de répondre. Parfois Sylvie me fait découvrir ses dernières trouvailles de la médiathèque, des musiques pour danser. Alors on danse face à la grande fenêtre du salon, c'est agréable. Il fait chaud dans l'appartement. C'est difficile d'en sortir, surtout quand l'on connaît la froideur des rues parisiennes à cette époque de l'année. Sylvie pense aux oiseaux qui doivent crever de faim et de froid. Je pense aux Pensionnaires. Cela fait longtemps que je veux la filmer. D'ailleurs elle se prête très bien au jeu. Elle parle à la caméra comme elle me parle, à moi. J'aime ses "regards caméra", elle s'en amuse. Elle sait être ailleurs aussi, dans ses pensées, déconnectée. Ces moments-là sont encore plus précieux. Elle fume beaucoup.Elle abuse de la cigarette et moi j'abuse en la filmant, fumant. Godard sort de nos corps! Parfois on ouvre la fenêtre pour aérer. Les bruits de la ville nous parviennent alors. On voit le train qui passe derrière les immeubles. Une tour, le train, une tour, le train, une tour. Plus rien. La nuit tombe et nous laisse découvrir les étoiles électriques qui scintillent sur les balcons d'en face. Sylvie et moi avons fait une petite déco dans l'appartement, quelques boules pendues à la plante verte, une guirlande dorée, une crèche. Elle a allumé quelques bougies sur la table basse. Elle veut que je filme la table. Je préfère la filmer, elle, sur le canapé, attendant un réveillon de Noël qui sera une fois de plus sans grande surprise.

mardi, janvier 12 2010

Lampe à poulie - caméra

mercredi, janvier 6 2010

table de dissection - lampe à poulies - caméra

De l'utilisation de la lampe à poulie pour filmer

lampe à poulies = lumière rond de lumière éclairer la scène

                                                   la douche au théâtre
cinéma grâce à la lumière la lumière évoque le cinéma le cinéma n'est que lumière

il y a quelquechose à faire

la lampe à poulies est cinématographique cousine des rails travelling
elle a les attributs du mécanisme cinéma = lumière + mouvement

comment dévier l'utilisation première de cet instrument qu'est la lampe à poulie et en faire un outil purement cinématographique ARTISTIQUE

le visage une assiette sur la table un verre d'eau la lampe-caméra analyse DISSECTION
de très près ou de plus loin


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jeudi, décembre 10 2009

La vieille dame du salon de coiffure- projet K et P -

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J'ai filmé une vieille dame chez le coiffeur pendant qu'elle se fait coiffer, je ne sais plus quelle coiffure exactement. Sans doute une de ces "mises en pli" de grand-mère. Notre présence, celle de la caméra et la mienne, ne semble pas la déranger. Elle discute de choses et d'autres avec la coiffeuse, surveillant en même temps le devenir de ses cheveux. Il y a devant elle un miroir qui, de mon point de vue, la cache en partie et dans lequel se reflètent les arbres du Jardin public d'en face. Je me dis en voyant cette image, que la vieille dame doit paraître une enfant aux yeux de ces baliveaux au grand âge. A quoi pense-t-elle, elle? A-t-elle des arbres dans la tête? Je me demande si elle a des plantes chez elle. S'en occupe-t-elle comme la coiffeuse s'occupe de ses cheveux? J'aurai voulu filmer cette dame chez elle. J'ai demandé son numéro de téléphone au patron du salon de coiffure. Il a été d'abord étonné de ma demande puis a ajouté qu'il préférait lui téléphoner d'abord pour avoir la permission de me donner ses coordonnées. Il lui a téléphoné, elle lui a dit qu'elle me contacterait si elle était d'accord pour se faire filmer. D'abord elle souhaitait demander à sa fille ce qu'elle en pensait. Cette dernière n'a pas dû en penser grand chose car je n'ai pas eu de nouvelles de cette dame depuis. Tant pis, je vais imaginer moi-même cette vieille dame chez elle, avec ses fleurs, même si elle n'en a pas. Je pense qu'elle a des jardinières sur son balcon, remplies de Pensées ou autres fleurs rouges dont je ne sais plus le nom. Elle les caresse tous les matins, passe ses mains fripées sur leurs pétales bien lisses. Elle leur donne à boire ou leur fait la toilette, comme on veut. Et moi je la regarde faire dans ma tête. Je regarde le miroir avec les arbres qui s'y reflètent, je regarde la dame, ses cheveux, son rouge à lèvres, ses rides, encore les arbres, le vent, la main de la coiffeuse qui arrange les cheveux de la dame. Je regarde tout ça et j'imagine cette même dame chez elle avec ses pots de fleurs.

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extraits du film Walden, de MEKAS

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